Évacuer un salarié expatrié : le rôle de l'employeur

La responsabilité de l'employeur ne s'arrête pas à la frontière
Lorsqu'une entreprise envoie des salariés à l'étranger, en mission ou en expatriation, elle reste responsable de leur sécurité et de leur santé. Dans de nombreux pays, dont la France, l'employeur a une obligation générale de sécurité envers ses salariés. Quand une maladie grave ou un accident survient dans un endroit isolé, la question n'est pas seulement médicale : elle est aussi organisationnelle, financière et humaine. Une entreprise qui s'y est préparée réagit en heures plutôt qu'en jours.
Avant : préparer le terrain
- Vérifier le contrat d'assistance. Couvre-t-il l'évacuation sanitaire et le rapatriement, dans quels pays, pour quels risques, avec quelles exclusions ? Couvre-t-il la famille qui vit avec le salarié ?
- Briefer le salarié. Avant le départ, remettre le numéro d'assistance, le numéro de contrat et la consigne : appeler d'abord l'assisteur, avant de s'engager dans des dépenses.
- Prévoir l'information médicale. Avec le consentement du salarié, s'assurer que les informations médicales essentielles, comme les allergies et les traitements chroniques, peuvent être transmises rapidement aux médecins en cas de besoin. Les données médicales sont confidentielles et doivent rester entre les mains du médecin du travail ou des médecins de l'assisteur.
- Nommer un contact. Désigner dans l'entreprise une personne joignable à toute heure, qui connaît la procédure et peut décider.
- Évaluer la destination. Connaître les moyens médicaux locaux et la distance jusqu'à l'hôpital adapté le plus proche, pour anticiper le besoin d'évacuation.
Le jour J : ce que fait l'employeur
- Appeler l'assisteur. Donner les faits et la référence du contrat. Les médecins de l'assisteur échangeront avec le médecin traitant et décideront du transfert.
- Informer la famille. Le faire vite et avec humanité, idéalement par une seule personne, en donnant un numéro à appeler.
- Appuyer la logistique. Aider pour le passeport, les visas, les bagages, et pour le voyage d'un proche si l'équipe médicale l'accepte.
- Protéger la confidentialité. Ne partager l'information médicale qu'avec ceux qui en ont besoin. Les collègues et la presse n'ont pas besoin de détails.
- Tenir un journal. Noter les heures, les noms et les décisions. Cela servira à l'assureur et au retour d'expérience de l'entreprise.
Pendant : ce que l'employeur ne doit pas faire
- Ne pas retarder l'appel à l'assisteur pour « voir comment ça évolue ».
- Ne pas imposer une décision aux médecins : le transfert se décide sur des critères médicaux.
- Ne pas engager de dépenses importantes avant que l'assisteur ait confirmé ce qu'il prend en charge, sauf si les soins l'exigent.
- Ne pas communiquer sur le dossier en dehors du cercle de ceux qui doivent savoir.
Après : le retour et le suivi
Quand le salarié est rentré, l'entreprise peut organiser le suivi : arrêt maladie, lien avec le médecin du travail, question du retour au poste ou dans le pays, accompagnement de la famille. C'est aussi le bon moment pour faire le bilan de ce qui a fonctionné ou non, et pour ajuster le contrat, le briefing et la procédure.
Comment nous pouvons aider
Nous sommes un coordinateur : notre équipe travaille avec l'entreprise, l'assisteur et l'hôpital traitant, et organise le transfert avec des opérateurs partenaires d'avions sanitaires. Notre médecin coordinateur donne un avis sur le transport le mieux adapté au patient, et nous fournissons les documents que l'entreprise ou son assureur peuvent demander. Voir notre page pour assureurs et sociétés d'assistance.
En bref
- La responsabilité de l'employeur inclut la santé à l'étranger, et la préparation compte plus que la réaction.
- Vérifier le contrat, briefer le salarié, nommer un contact.
- Le jour J : appeler d'abord l'assisteur, informer la famille, protéger la confidentialité.
- Après le retour, organiser le suivi et revoir la procédure.
Pour aller plus loin, lisez qui décide d'un rapatriement sanitaire et quels documents préparer.
Information générale, ne remplaçant pas un avis médical, juridique ou d'assurance personnalisé. Votre contrat d'assurance et l'avis du médecin traitant prévalent dans votre situation.
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Nos coordinateurs sont disponibles dès maintenant — chaque jour, à toute heure.